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From: "Moussa Sylla" sylla_moussa@hotmail.com
Date: Thu Mar 29, 2001 3:31pm
Subject: bibliobus



    Salut à tous et toutes,
    Moi je voudrais vous parler d'un livre intitulé " Le Pagne Noir " écrit par un Ivorien nommé Bernard Dadié.
    L'histoire raconté par cet homme m'a beaucoup inspiré car je l'ai lu et relu à plusieurs reprises, depuis mon enfance. En fait il s'agit d'une fille qui a perdu sa maman le jour même de sa naissance. Orpheline à bas âge, elle a connue une vie extrêmement difficile car son père se remaria aussitôt et cette nouvelle femme voulait coûte que coûte détruire cette gamine de nature souriante et gentille. Un jour on lui remet un pagne noir et elle doit le laver jusqu'à ce qu'il devient blanc comme un kaolin. Elle passa plusieurs lunes à marcher et finalement par la force des choses sa mère morte lui viendra en aide comme un rêve. Bref, ne rêvez pas mes amis, c'est simplement une légende africaine, dans laquelle je me retrouve moi-même. Ca me passionne car j'ai connu presque le même sort. C'est pour vous dire tout simplement que l'être humain peut être aussi cruel qu'un monstre.

    Je profite de l'occasion pour dire à cette charmante jeune fille Nafissatou que je ne connais pas mais que j'imagine. Le livre auquel elle fait allusion, qui retrace la vie politique de Thomas Sankara est extraordinaire.
    Cet homme représentait l'espoir de toute la jeunesse africaine. Je l'ai rencontré physiquement et je peux vous jurer que le 15 Octobre 1987 j'ai pleuré toute la journée et pendant au moins trois jours j'ai cessé d'aller à l'école.
    Il y aura d'autres Sankara si nous le voulons bien. Puisque on peut assassiner un homme mais pas ses idées.
    A mon tour je propose une cassette interview exclusive de ce digne fils de l'Afrique, intitulé " Requiem pour un Président assassiné " édité par Orchidée Production. Vous aurez l'occasion une fois de plus, d'écouter cette voix pleine de finesse et de fierté qui s'est éteinte sauvagement, comme elle a dit Nafissatou, par un certain Blaise Compaoré qui était pourtant son meilleur ami.
    Je voudrais finir par une belle phrase de Sankara : " Les tragédies des peuples révèlent les grands hommes, mais ce sont des médiocres qui provoquent ces tragédies. "
    Moussa Sylla