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591 From: myriam murmux@worldnet.fr Date: Sun Apr 29, 2001 10:45 pm Subject: bibliobus petite suite
Du projet bibliobus, j'ai l'impression de m'être exclue toute seule, parce que résidente et native du "premier monde"... Il aurait pourtant été simple de poser la question, de parler... Haroun et la Mer des Histoires, de Salman Rushdie, 1990, traduction française chez Christian Bourgois, 1991 (existe en format poche), parle justement de cela. Il parle, avec humour, légèreté et merveilleux, de la circulation de la parole. De la bataille que doivent mener ceux de la parole, peuple bruyant et rigolards, contre ceux du silence, qui se sont mis (entraînés par des chefs de sectes extrémistes) a empoisonner la Mer des Histoires, la Source des Histoires. La grande Mer des histoires, irisée, chatoyante, mystérieuse et accueillante, est une ressource naturelle aussi indispensable à l'humanité que l'air pour respirer. Cette fable dansante, malicieuse et colorée, aux allures de conte des mille et une nuits moderne, m'a accompagnée toutes ces dernières années, dans la lutte avec les Sans papiers. Elle m'accompagne encore, quand je me retrouve plongée dans les réunions, les manifs, les actions sur la question de la liberté de circuler et le soutien aux Sans Papiers. Elle me réconforte aussi quand je me retrouve confrontée, dans mon métier, à l'impérialisme culturel des puissances dominantes, qui produisent de manière industrielle, pour la télé et le cinéma de masse, des histoires... mortes... Des histoires de paranos, de folie meurtrière, traumatisantes et déstructurantes Ou alors mièvres et moralisatrices, l'envers de la même médaille. Toutes issues d'un même moule. Ce petit texte, 200 pages tout de même, Rushdie, grand écrivain anglo-indien, l'a écrit en réponse à la sentence de mort promulguée contre lui par les extrémistes religieux de l'Islam, suite à la publication des ses "versets sataniques". Bien à vous tous :-) Myriam Rambach |